Deux notions essentielles sont à comprendre ici:
Ensuite:
Par exemple, au cours de l'enquête sur le poste d'émissions "Alimentation", vous allez découvrir que la cantine utilise 300 litres de lait par mois, pendant 10 mois par an. Le facteur d'émission du litre de lait est de 1,16 kg équivalent CO2 (source ADEME). Les émissions dues à la consommation de lait à la cantine sont donc de 300 x 1,16, soit 348 kg CO2eq par mois, ou 3480 kg CO2eq par an.
Les émissions de gaz à effet de serre sont exprimées en kilogrammes ou en tonnes de CO2 équivalent. (KgCO2éq ou TCO2éq)
Pour faciliter l'étude, le lycée est découpé en 7 postes, correspondant à 7 types d'émissions de gaz à effet de serre : ce sont les postes d'émission :
A eux 7, ces postes représentent la quasi-totalité des émissions imputables au lycée.
Chaque produit, chaque objet que nous connaissons est issu d'une filière de production dont nous sommes en général le maillon "utilisateur". Cette production donne lieu ou a nécessité, directement ou indirectement, des émissions de gaz à effet de serre pour parvenir à nous:
Bien sûr, tout dépend du produit, de la manière dont il a été fabriqué, du lieu de fabrication et de consommation etc.
Bon nombre de produits de la vie courante (et bien d'autres) ont été étudiés de près:
Pour qu'il soit possible de comparer entre eux différents produits ou activités (viande de boeuf ou de poulet ? avion ou train?), et de faire ainsi des choix, quotidiens ou d'investissement, de produits et d'activités « moins émissifs », c'est-à-dire à « moindre contenu carbone »: ces émissions ont été caractérisées par ce qu'on a appelé les facteurs d'émission .
Les facteurs d'émission proviennent de nombreux calculs de différentes sources, et sont disponibles en consultation publique à l'ADEME.
Il est donc possible de produire moins d'émission de gaz à effet de serre en faisant ses choix, individuels, familiaux, collectifs en connaissance de cause: préférer le bus à la voiture, le vélo au bus... consommer moins de viande, faire réparer son petit matériel plutôt que le jeter, renoncer à prendre l'avion... autant d'habitudes à prendre dans le cadre du lycée, et à conserver sans limite dans sa vie de tous les jours.
Le critère de meilleur choix pour limiter ses émissions de gaz à effet de serre est donc le facteur d'émission.
Pour évaluer les émissions dues à votre mode de vie, réalisez en ligne votre Bilan Carbone Personnel.
Le principe de l'Opération Carbone est ainsi très simple :
Pour tout savoir sur les gaz à effet de serre, sur le site de JM Jancovici: cliquez ici
Un facteur d'émission est un coefficient multiplicateur qui permet de calculer (ou tout au moins d'estimer, avec une certaine marge d'erreur) la quantité de polluant émise du fait d'une activité humaine. Dans le cas présent, les polluants sont des Gaz à Effet de Serre, et les facteurs d'émission sont des coefficients multiplicateurs qui permettent de passer de la mesure d'une activité humaine à la mesure de l'effet de serre que cette activité engendre.
A titre d'exemple, le fait de rouler 1 km en voiture nécessite, en moyenne (et avec une certaine marge d'incertitude liée au poids du véhicule, à la puissance de son moteur, à sa vétusté, etc), la combustion d'une quantité de combustible contenant 50 grammes de Carbone. Cette combustion provoque l'émission de 183 grammes de CO2 (de 147 grammes en périphérie lointaine à 257 grammes en centre ville, en faisant la moyenne entre les émissions d'un moteur essence et celles d'un moteur diesel).
Le facteur d'émission dû à la seule combustion du carburant est donc de 183 grammes équivalent CO2 (gCO2eq). A cela il faut ajouter les émissions associées à la fabrication du véhicule, rapportées au kilomètre parcouru (environ 40 gCO2eq). Et enfin, les émissions "amont" du combustible, c'est-à-dire celles dues à son extraction, à son raffinage, et à son transport, soit environ 29 geqC02. On aboutit donc au facteur d'émission "tout compris" d'un km parcouru en voiture, environ 252 gCO2eq.
"Les inventaires d’émission de gaz à effet de serre ont pour objet de représenter la perturbation d’origine humaine des cycles naturels des gaz à effetà de serre. Ce qui doit être mesuré, c’est le supplément d’effet de serre qui découle de l’accumulation des gaz éponymes dans l’atmosphère du fait de l’homme. Pour cela, il faut donc que l’homme ait créé un flux vers l’atmosphère et n’ait pas créé, corrélativement, un flux qui reprenne ces gaz de l’atmosphère." in Guide des facteurs d'émission de l'ADEME page 25 pour des explications complémentaires.
Ainsi, les facteurs d'émission tiennent compte ou non de certaines émissions de CO2 ou de CH4, selon leur origine:
Les émissions de CO2 générées directement par les ménages concernent uniquement l’utilisation par ces derniers de leurs propres équipements dont le fonctionnement nécessite une consommation de combustible. Il s’agit donc de leurs véhicules particuliers et de leurs équipements de chauffage et de cuisson. Les émissions des services de transport utilisés entre autres par les ménages sont affectées aux branches économiques correspondantes, ainsi que les émissions des réseaux de chaleur.
Pour chacun des produits, une partie des émissions est directement associée à la production des biens et services demandés. Une autre partie des émissions qui sont attribuées à chacun des produits résulte indirectement de la production, par les autres branches, des biens et services utilisés comme consommations intermédiaires tout au long du processus d’élaboration des produits.
Par conséquent, les émissions de CO2 qui sont associées à chaque produit dépendent à la fois de la branche dont il est issu (émissions directes) et des branches qui interviennent en amont dans son élaboration (émissions indirectes). (http://www.stats.environnement.developpement-durable.gouv.fr/uploads/media/Namea.pdf)
On peut distinguer plusieurs catégories de produits :
Les dépenses des ménages sont responsables de 40% des émissions de CO2 françaises :
L'Opération Carbone, version simplifiée dérivée du Bilan Carbone TM Campus, donnera des ordres de grandeur nécessairement entachés d' incertitude. Pour des raisons évidentes de simplicité, la question complexe des incertitudes n'est délibérément pas abordée dans la démarche.
A quoi sont dues les incertitudes sur les émissions et les facteurs d'émission ?
L'objectif de cette Opération Carbone Lycée n'est pas d'aboutir à un résultat précis à quelques pour cent près. Il est simplement de fournir des ordres de grandeur afin de vous permettre d'évaluer les marges de manoeuvre les plus importantes et les plus faciles à mettre en oeuvre pour réduire les émissions liées au fonctionnement du lycée. Rappelons enfin que les émissions nationales (pour la France comme pour d'autres pays) ne sont également connues qu'avec une incertitude de l'ordre de 20 %.